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Remous

Je me rêvais maman plus sereine pour cette seconde maternité.
Pour le moment, les évènements ne m'ont pas donné tort : m'occuper de l'axolotl ne génère pas des angoisses démesurées comme celles que j'ai pu connaître avec l'hippocampe. J'ai retrouvé sans difficulté les gestes que demande un nouveau-né. Bien sûr, je me pose toujours des questions, mais j'ai en moi des ressources plus solides. Et l'axolotl semble se porter bien : elle est très bruyante quand elle dort, elle donne l'impression de beaucoup râler, mais elle ne pleure pas tant que ça (et heureusement car elle maîtrise un cri suraigu de banshee, à vous briser les vitres !). Son allaitement a démarré très facilement, aidé sans doute par l'entretien de l'hippocampe. Bref, de ce côté-là, a priori, tout va bien...
J'avais juste oublié un détail : être maman d'un deuxième enfant, c'est aussi être maman de deux enfants. Et c'est là que le bât blesse. J'ai compté sur la cap…

Nouveau chapitre

L'axolotl est née juste deux jours après mon dernier article. Je reviendrai bien sûr sur cet événement intense, douloureux, magnifique.
Mais une question s'impose à moi aujourd'hui : ai-je savouré assez ? Je ne sais pas. J'ai tout fait pour, je crois. Mais le temps nous glisse inexorablement entre les doigts, et tant de moments précieux appartiennent déjà au passé, se teintent presque de l'irréalité des rêves.
Je suis de celles qui se traînent un cœur lourd à la fin des vacances, au retour des voyages. Là, c'est un voyage de presque neuf mois qui vient de s'achever. En pleine descente hormonale, j'imagine qu'il est normal que cela me remue.
Sortie précocement de la maternité, je nage en pleine ambivalence. Je suis heureuse de voir ma famille réunie. Mon hippocampe m'a tellement manqué... Mais je regrette aussi un peu cette lune de miel avec mon axolotl, quand je n'avais à m'occuper que d'elle. Je suis maman de deux enfants, à présent, et je…

Encore un peu savourer

Je voudrais encore un peu savourer d'être la maman d'un seul enfant. De pouvoir accourir auprès de mon hippocampe chaque fois qu'il en a besoin, sans arrière-pensée. De ne me consacrer qu'à lui, avec pour seul obstacle la fatigue. De ne pas savoir encore ce que ça fait, de devoir se couper en deux.Je voudrais encore un peu savourer ces longs endormissements à mes côtés, qui me pèsent parfois mais qui m'inondent aussi de tendresse - ces paupières délicates enfin closes, cette petite bouche aux lèvres bien ourlées, ce souffle paisible tout contre moi. Je voudrais encore un peu savourer nos journées à trois, ce trio qui a trouvé son équilibre. Deux parents, un bambin, c'est quand même relativement confortable - même si certaines journées nous en feraient douter.
Je voudrais encore un peu savourer ces petits pieds que je sens rouler sous ma peau tendue, ces mouvements indescriptibles, parfois douloureux, mais toujours émouvants. Je voudrais encore un peu savourer cett…

Lettre à mon axolotl

Ma toute petite,

Notre rencontre approche : dans plus ou moins un mois, selon ce que tu décideras. Ton frère n'a pas été spécialement pressé, le seras-tu davantage ?

Lettre à mon hippocampe

Mon hippocampe chéri,

Tu viens d'avoir deux ans et demi.
Tu t'exprimes de mieux en mieux, avec des phrases complexes et un vocabulaire varié et tu as toujours une oreille qui traîne pour surprendre les conversations des adultes. Il faut d'ailleurs qu'on se méfie car tu comprends tout, ou presque !

Est-ce qu'on a tout raté ?

Cette question, j'imagine qu'elle traverse l'esprit de tout parent à un moment ou à un autre. Quand on fait face à des difficultés récurrentes, quand on voit s'installer dans la durée une situation pénible, quand on ne trouve plus les clés. Elle traduit nos doutes, notre sentiment d'impuissance, notre incompréhension aussi face à cet étrange être qu'est notre enfant.

Pourquoi ce sera sans doute ma dernière grossesse

Avant d'entamer cet article, je tiens à dire que je suis tout à fait consciente du fait que l'on ne peut pas savoir de quoi l'avenir sera fait. Qui saurait quel drame ou quel grand bonheur pourrait me faire changer d'avis ? Même si on a une idée à présent de ce que serait notre famille "complète", je connais la fragilité de nos projections. Cet article ne rendra donc compte que de notre état d'esprit, à Glenn et moi, à l'heure actuelle, alors que j'ai entamé la seconde moitié de cette deuxième grossesse.