Un deuxième enfant, mais quand ?

Beaucoup de parents ont une idée assez claire de ce que serait un écart d'âge idéal entre leurs enfants, arguments à l'appui. Glenn et moi nous trouvons dans le camp des amateurs de fratrie rapprochée. C'est le modèle que j'ai moi-même connu : j'ai deux ans et demi d'écart avec ma sœur aînée, et seulement 15 mois avec ma petite sœur.

Pour nous, une faible différence d'âge favorise la possibilité pour les enfants de jouer ensemble et de partager des centres d'intérêts. D'un point de vue pragmatique, cela devrait aussi nous permettre de profiter d'une plus grande autonomie de nos enfants à peu près au même moment.

Bien sûr, toute médaille a son revers : avoir des enfants rapprochés signifie aussi devoir gérer deux tout-petits, et fatalement courir le risque de ne pas pouvoir combler les besoins de l'un ou de l'autre - à moins de s'oublier totalement, mais alors c'est sans doute le burn-out qui menacera. Et puis il y a des questions pratiques qui peuvent être délicates à trancher, notamment en ce qui concerne la garde des enfants : avoir deux petits chez la nounou coûte cher, ce qui explique peut-être au moins en partie pourquoi tant de gens attendent l'entrée à la maternelle de leur aîné. À cela s'ajoute aussi ma peur de connaître un début de grossesse aussi éprouvant que pour l'hippocampe, et d'être alors dans l'impossibilité de m'occuper correctement de ce dernier.
Si j'avais le loisir de planifier exactement la naissance de ce second enfant, j'attendrais certainement encore un peu et je m'arrangerais pour qu'il nous rejoigne vers les deux ans et demi de l'hippocampe, parfait compromis à mon sens. Oui, mais... mais je n'ai pas l'impression de disposer de ce loisir. Nous avons attendu l'hippocampe dix-neuf mois, sans trop savoir pourquoi. Qui peut nous garantir que, parce que nous avons déjà été parents, l'attente sera moins longue ? Même si c'est un peu irrationnel (il n'est pas écrit, quelque part, que notre attente durera x mois, ce qui justifierait de mettre en route le compte à rebours le plus tôt possible), je sais que je regretterais d'avoir repoussé nos essais si cela devait encore prendre aussi longtemps.
Et il y a autre chose. Quand nous avons conçu le projet d'avoir un enfant, notre premier enfant, je le désirais si fort que chaque échec m'attristait énormément. Je ne sais pas quelle influence cela a pu avoir sur notre attente, mais je ne suis pas pressée de retrouver cet état d'esprit - et c'est ce qui risque de se produire si j'attends le moment idéal pour laisser la porte ouverte à ce second enfant.
Alors voilà : l'hippocampe va avoir un an, ma cicatrice aussi, et Glenn et moi allons laisser ouverte cette fameuse porte. Cela devrait rester sans conséquence à court terme : sans parler de notre fertilité plutôt douteuse, je n'ai toujours pas eu de retour de couches et la fréquence de nos moments à deux ne jouera pas non plus en notre faveur.
Une partie de moi se dit que c'est très bien ainsi, puisque je ne suis pas vraiment prête.
Mais une autre partie songe que la vie aime faire des pieds de nez - et, secrètement, rêve peut-être bien d'en connaître un.

Commentaires

  1. Félicitations pour ce joli projet... j’ai hâte de lire la suite et de voir ce que la vie décidera pour vous :)

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    1. Merci ! Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve mais, pour le moment, j'aime l'idée de laisser une petite part au hasard... (ce qui est très différent de l'attente subie, finalement, même si concrètement notre attitude est la même ou quasi !) Pour une controle-freak comme moi, c'est un grand pas :)

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