Coup de théâtre

La vie sait se montrer farceuse.
J'ai posté mon (larmoyant) dernier article sans attendre d'avoir la confirmation de mes règles : j'avais eu mal au ventre, j'avais fait un test négatif, pour moi l'affaire était pliée.


Mais un jour, deux jours ont passé. Toujours rien à l'horizon. Et une part de moi de plus en plus grande s'est de nouveau prise au jeu du "Et si...".
Je me suis mise aussi à reconsidérer le test effectué le matin de mon anniversaire : j'étais stressée, je n'avais pas vraiment la vessie pleine, bref les quelques gouttes émises me paraissaient tout à coup potentiellement insuffisantes.

Pourtant, j'ai repoussé le moment de faire un nouveau test. Par superstition, peut-être ? Mais aussi par crainte d'une nouvelle déception, d'un nouveau bâtonnet de plastique à planquer au côté de ses honteux copains.
Sauf que Glenn lui-même a commencé à prendre conscience que mes règles tardaient. "On pourrait commencer à se faire de faux espoirs...", m'a-t-il soufflé (oui, vous voyez comme on est optimistes dans la famille, hein !).

Jeudi matin, jour de grève, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis de nouveau confrontée à la petite fenêtre d'un test urinaire. Petite fenêtre qui, très vite, a affiché deux barres. Je n'ai pas vraiment été surprise, mais j'ai ressenti une grande joie – et une vague panique, aussi. Je suis retournée au lit, près de Glenn. Je ne sais plus exactement ce que je lui ai dit. J'ai allumé, je lui ai collé le test sous le nez (myope comme il est, il n'a de toute façon rien vu), et je lui ai annoncé que j'étais enceinte. Je n'ai pas pleuré comme pour l'hippocampe, mais depuis un sourire niais me vient souvent aux lèvres.

Ça valait bien la peine de me plaindre autant, tiens.

Maintenant il ne reste plus qu'à gérer sur tous les fronts.
La reconversion, le boulot à temps plein, l'hippocampe, et cet invité qu'on espérait tant.
Je mentirais si je prétendais que ça ne me fait pas peur, mais – bien sûr – je ne regrette rien.
Et puis ce qui m'inspire le plus de crainte reste la possibilité que tout s'arrête.
Comme pour l'hippocampe, Glenn et moi nous sommes projetés très vite, très fort. Sans la moindre barrière protectrice. Pourtant, je sais bien que tout peut encore arriver. Je connais les statistiques. J'ai des copines qui. Ma belle-sœur qui. Et tout Internet, ou presque.
Mais tant pis. Je ne peux pas enfouir mes sentiments, et je ne veux pas vivre dans l'angoisse.
Pour le moment, je vais faire confiance à ce petit amas de cellules au fond de moi. Je vais croire que la vie ne me reprendra pas ce magnifique cadeau.
Et je vais faire de mon mieux pour le reste, pour ce qui dépend de moi.

Commentaires

  1. Haaaaan mais c’est super !! Ton dernier article m’avait rendue si triste pour vous. Courage pour tout gérer de front maintenant <3 .

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    1. Merci beaucoup pour ton gentil message.
      J'avoue que nous avons encore du mal à réaliser !

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  2. Mais quelle super nouvelle !!! Comme le commentaire précédent, j'avais été très triste de lire ton dernier post. Je vous souhaite le meilleur.

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    1. Merci beaucoup. C'est sûr que mes émotions ont joué aux montagnes russes sur ce coup-là :)

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