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Ce n’est pas parce que c’est un deuxième que tout est plus facile

C’est quelque chose qu’on entend souvent, me semble-t-il : c’est un deuxième, c’est plus facile. Les parents sont supposés être plus confiants et sereins. Les premières semaines de la vie d’un bébé, parfois si rudes à traverser pour un couple qui accueille son premier enfant, seraient ainsi plus paisibles. Alors, vrai ou faux ? L’axolotl a aujourd’hui cinq mois (et nous jetterons un voile pudique sur le fait que j’ai commencé cet article quand elle en avait trois et demi), j’ai donc un peu de recul. Et je dirais qu’en ce qui nous concerne la vérité se situe entre les deux. C’est vrai, nous avions l’expérience de notre premier enfant. Cela fait une grande différence sur les gestes de soin : changer les couches, enfiler de minuscules vêtements, rien de tout cela ne m’a fait peur. Je suis même capable de donner un bain seule à l’axolotl, quand nous étions systématiquement deux pour l’hippocampe (ce qui ne l’a pas empêché de boire la tasse pour son deuxième bain à la maison…). Je n’ai

Naissance d'une axolotl (partie 2)

 La première partie de mon récit s'arrêtait vers 4h du matin, alors que j'attendais avec impatience d'échapper à la position imposée par le monitoring... À son retour, la sage-femme m'apprend hélas qu'il n'est pas question d'arrêter le monitoring : il y a trop de ralentissements ou de pertes de signal. Je vais devoir le garder jusqu'à la fin. Elle accepte néanmoins que je ne reste pas allongée et on cherche donc la position qui conciliera le mieux les contraintes du monitoring et mes besoins. Ce sera debout, de nouveau suspendue à Glenn, et appuyée au lit pour me reposer entre chaque contraction. J'ai chaud, très chaud, et je réclame souvent des gants mouillés d'eau froide pour ma nuque et mon front. Changement de garde : la sage-femme de jour se présente, tout aussi gentille et encourageante. Elle a lu d'emblée notre projet de naissance, ce qui nous met en confiance. Mon col est dilaté à 7. J'ai l'impression d'avoir t

Naissance d'une axolotl (partie 1)

Voilà longtemps que cet article hante mes brouillons... L'axolotl a trois mois aujourd'hui : il est temps de vous livrer enfin sa naissance, comme promis.   Mardi 4 août , un peu plus de deux semaines avant la DPA, je passe la journée chez mes parents avec l'hippocampe et ma sœur. Sortie piscine et cueillette sont au programme. Je me sens en forme, même si depuis quelques jours j'ai parfois des épisodes de contractions non douloureuses. J'insiste néanmoins pour organiser une séance photo avec ma sœur. Je souhaite immortaliser encore une fois mon beau ventre rond. Ce soir-là, je murmure à l'axolotl : c'est bon, on est prêtes, tu peux venir quand tu veux. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la coquine m'a prise au mot. Mercredi 5 août, minuit et demi . J'ai beaucoup de mal à m'endormir, comme souvent en cette fin de grossesse. Les pleurs de l'hippocampe me sortent de la somnolence dans laquelle je me suis enfin plongée. Je me lève pén

Le tourbillon

Ces derniers mois, j'ai été prise dans un tourbillon. Que dis-je, ces derniers mois ? C'est toute l'année qui a été ainsi, depuis le début. Cette année 2020 nous aura tous profondément bouleversés, à plus d'un titre. Mais moi je dois avouer que je fais partie des chanceux. Ceux qui regardent le monde sombrer avec effroi, certes, mais sans trop en souffrir. Ceux qui n'ont perdu personne... Au contraire, même. À ma petite échelle les bouleversements de 2020 sont porteurs d'avenir. C'est bien simple : si j'avais fait une liste "Avant mes 30 ans, j'aimerais...", les items les plus importants auraient été cochés (après, on est bien d'accord : JAMAIS je n'ai souhaité vivre une pandémie). Ainsi en ce qui concerne ma reconversion , un choix réfléchi pour tâcher de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Les concours se sont déroulés dans des conditions particulières : pour l'écrit du concours interne, je sortais

Remous

Je me rêvais maman plus sereine pour cette seconde maternité. Pour le moment, les évènements ne m'ont pas donné tort : m'occuper de l'axolotl ne génère pas des angoisses démesurées comme celles que j'ai pu connaître avec l'hippocampe. J'ai retrouvé sans difficulté les gestes que demande un nouveau-né. Bien sûr, je me pose toujours des questions, mais j'ai en moi des ressources plus solides. Et l'axolotl semble se porter bien : elle est très bruyante quand elle dort, elle donne l'impression de beaucoup râler, mais elle ne pleure pas tant que ça (et heureusement car elle maîtrise un cri suraigu de banshee, à vous briser les vitres !). Son allaitement a démarré très facilement, aidé sans doute par l'entretien de l'hippocampe. Bref, de ce côté-là, a priori, tout va bien... J'avais juste oublié un détail : être maman d'un deuxième enfant, c'est aussi être maman de deux enfants. Et c'est là que le bât blesse. J'ai compté sur la

Nouveau chapitre

L'axolotl est née juste deux jours après mon dernier article. Je reviendrai bien sûr sur cet événement intense, douloureux, magnifique. Mais une question s'impose à moi aujourd'hui : ai-je savouré assez ? Je ne sais pas. J'ai tout fait pour, je crois. Mais le temps nous glisse inexorablement entre les doigts, et tant de moments précieux appartiennent déjà au passé, se teintent presque de l'irréalité des rêves. Je suis de celles qui se traînent un cœur lourd à la fin des vacances, au retour des voyages. Là, c'est un voyage de presque neuf mois qui vient de s'achever. En pleine descente hormonale, j'imagine qu'il est normal que cela me remue. Sortie précocement de la maternité, je nage en pleine ambivalence. Je suis heureuse de voir ma famille réunie. Mon hippocampe m'a tellement manqué... Mais je regrette aussi un peu cette lune de miel avec mon axolotl, quand je n'avais à m'occuper que d'elle. Je suis maman de deux enfants, à présent,

Encore un peu savourer

Je voudrais encore un peu savourer d'être la maman d'un seul enfant. De pouvoir accourir auprès de mon hippocampe chaque fois qu'il en a besoin, sans arrière-pensée. De ne me consacrer qu'à lui, avec pour seul obstacle la fatigue. De ne pas savoir encore ce que ça fait, de devoir se couper en deux. Je voudrais encore un peu savourer ces longs endormissements à mes côtés, qui me pèsent parfois mais qui m'inondent aussi de tendresse - ces paupières délicates enfin closes, cette petite bouche aux lèvres bien ourlées, ce souffle paisible tout contre moi. Je voudrais encore un peu savourer nos journées à trois, ce trio qui a trouvé son équilibre. Deux parents, un bambin, c'est quand même relativement confortable - même si certaines journées nous en feraient douter. Je voudrais encore un peu savourer ces petits pieds que je sens rouler sous ma peau tendue, ces mouvements indescriptibles, parfois douloureux, mais toujours émouvants. Je voudrais encore un peu savourer c