Naissance d'une axolotl (partie 1)

Voilà longtemps que cet article hante mes brouillons... L'axolotl a trois mois aujourd'hui : il est temps de vous livrer enfin sa naissance, comme promis.
 
Mardi 4 août, un peu plus de deux semaines avant la DPA, je passe la journée chez mes parents avec l'hippocampe et ma sœur. Sortie piscine et cueillette sont au programme. Je me sens en forme, même si depuis quelques jours j'ai parfois des épisodes de contractions non douloureuses. J'insiste néanmoins pour organiser une séance photo avec ma sœur. Je souhaite immortaliser encore une fois mon beau ventre rond.
Ce soir-là, je murmure à l'axolotl : c'est bon, on est prêtes, tu peux venir quand tu veux.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la coquine m'a prise au mot.

Mercredi 5 août, minuit et demi. J'ai beaucoup de mal à m'endormir, comme souvent en cette fin de grossesse. Les pleurs de l'hippocampe me sortent de la somnolence dans laquelle je me suis enfin plongée. Je me lève péniblement, m'avance sur le palier depuis lequel j'aperçois l'hippocampe resté dans son lit... Et je sens quelque chose lâcher en moi. Le liquide amniotique se répand sur le parquet. Hébétée, je reste figée alors que l'hippocampe continue de me réclamer. J'appelle Glenn et lui annonce que j'ai perdu les eaux. Il bondit du lit, prêt à s'habiller, mais je l'envoie auprès de notre fils tandis que je cours aux toilettes. Plein de choses se mêlent en moi : anxiété et tristesse de laisser mon aîné pour la première fois, appréhension de ce qui va suivre, joie et incrédulité.
 
Cette date du 5 août, on en riait depuis longtemps avec Glenn : je suis née un 29 novembre, l'hippocampe un 29 décembre. Glenn, lui, est né un 5 juillet... On aurait voulu le faire exprès qu'on n'aurait pas fait mieux !
 
Cependant je m'inquiète d'avoir perdu les eaux avant même le début du travail. La naissance de l'hippocampe ne m'avait pas préparée à ce scénario-là, et j'envisageais jusqu'alors de rester le plus longtemps possible chez moi... Ce rebondissement change la donne, surtout que je suis positive au Streptocoque B. J'ai peur de devoir être déclenchée, ce qui nuirait à tout le plan de naissance que nous avons élaboré.
 
Mais l'heure n'est pas aux tergiversations : j'entends l'hippocampe qui pleure encore, qui s'inquiète. J'envoie un message à ma sœur, ma future conductrice, qui réagit très vite - bénis soient les couche-tard ! Puis j'appelle mes parents, qui doivent venir s'occuper de l'hippocampe. Je me rends enfin au chevet de mon fils, une serviette de bain serrée entre les cuisses. Nous lui avons expliqué plusieurs fois ce qui allait se passer quand la petite sœur voudrait sortir de mon ventre mais la situation l'angoisse. Quand il entend ma sœur arriver, il fond en larmes - il sait qu'elle va m'emmener. Mon cœur se brise. Heureusement, mes parents ne tardent pas à arriver aussi et cela le réconforte.
 
Je peux filer sous la douche, ce qui me fait d'autant plus de bien que je ressens les premières contractions. Je suis soulagée, le travail commence, les choses suivent leur cours. J'appelle donc la maternité pour prévenir de notre arrivée. Pendant ce temps, Glenn et ma sœur s'activent pour finir de préparer les différents sacs. L'hippocampe n'étant de toute évidence pas sur le point de se rendormir, mes parents décident de l'emmener terminer la nuit chez eux. Lui dire au revoir m'est difficile, mais je le sens plus apaisé.
 
La voiture est chargée (valise, ballon, coussin d'allaitement... On prend tout !) et nous partons enfin. Une vingtaine de minutes nous séparent de la maternité. Le trajet se passe sans problème, il n'y a pas grand monde sur la route à cette heure-ci. J'ai des contractions toutes les 3 à 5 minutes, encore gérables en respirant bien.
 
Une mauvaise surprise nous attend cependant à la maternité : protocole Covid oblige, Glenn ne peut pas m'accompagner en salle de pré-travail. Il attend dans le couloir avec tout notre attirail pendant que je suis examinée - je suis à 2 - et placée sous monitoring ainsi qu'avec une première perfusion d'antibiotiques. Mes contractions sont désormais bien douloureuses ; je les gère - seule, donc - en visualisant une plongée sous-marine et parfois en me pinçant fort la cuisse. Les premiers retours de la sage-femme ne sont pas très encourageants : le cœur du bébé donne quelques signes de faiblesse pendant les contractions, déjà très puissantes, et mon utérus cicatriciel l'inquiète. Elle n'est donc pas forcément favorable à une poursuite du travail sans péridurale, conformément à mon souhait, mais elle prolonge le monitoring et va solliciter l'avis du gynécologue de garde. Finalement, on m'indique qu'on me laissera faire à ma guise si le travail progresse bien.
 
Ça y est : il est l'heure de passer en salle de travail - et donc, à mon grand soulagement, de retrouver Glenn. Désormais nous affrontons les contractions à deux, en testant plusieurs positions vues avec notre doula. Je finis par adopter l'alternance suivante : à genoux, en appui sur le ballon pendant les moments de repos, et suspendue à l'écharpe passée autour du cou de Glenn pendant les contractions. Mais j'ai du mal à lâcher prise, je garde l'œil sur l'horloge, dans l'attente du futur examen qui devra décider de mon sort. Le port du masque ne m'aide pas beaucoup non plus : je suis censée le remettre à chaque fois qu'un membre du personnel médical entre dans la pièce... Dans les faits je finirai par le laisser baissé sans que personne ne me le reproche, heureusement.
 
Nouvel examen, donc : je suis à 4. Cela suit le rythme moyen d'un centimètre par heure mais je suis quand même déçue, j'espérais une progression plus rapide. Au moins la sage-femme est-elle gentille et respectueuse. Son premier geste m'a mise en confiance : elle a éteint le plafonnier, nous offrant ainsi une ambiance plus tamisée. Elle me rassure, je peux continuer ainsi, sans péridurale. Impossible cependant d'échapper à un nouveau monitoring (et la seconde perfusion). Retrouver la position allongée, même sur le côté, est une torture. J'ai du mal à gérer et je ne cesse de réclamer à Glenn des gants de toilette mouillés d'eau froide. Je lui dis que je n'en peux plus, qu'il faut qu'on me libère. Je crois que c'est à ce moment aussi que je lui dis que, si c'était à refaire, je ne sais pas si je le referais vraiment...
 
A suivre, très bientôt !

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