Histoire d'un allaitement : quand faut-il penser à la fin ?

À bientôt huit mois, l'hippocampe est toujours en allaitement mixte : des biberons de lait maternel ou de lait en poudre quand il est gardé, le sein à la demande quand nous sommes ensemble. Passer de l'un à l'autre ne paraît pas lui poser problème. Nous avons trouvé nos petites routines, même si certaines s'ajustent évidemment avec le temps (monsieur est vite distrait pendant les tétées, par exemple : il y a tant de choses à regarder, à tripoter...). Bon, on a parfois un souci de morsures au moment des poussées dentaires (il faut dire qu'on attend déjà la huitième !) mais je fais avec... (ça, c'est pour ceux qui disent : "Tu arrêteras quand il aura des dents/te mordra". Ou pas)
Pourtant, aussi absurde que cela puisse sembler puisque tout se passe bien, la question du sevrage n'est jamais très loin de mon esprit.


Plusieurs raisons à cela :
1. Je ne sais PAS mettre mon cerveau sur pause et j'ai tendance à trop anticiper...
2. Je ne me vois pas allaiter ce qu'on pourrait vraiment qualifier de bambin (dans ma tête, au-delà d'un an, ça devient compliqué). Je sais qu'on peut le faire. Je sais même que l'OMS le recommande, jusqu'à 2 ans. Mais l'idée d'un petit qui marche et qui vient me déshabiller pour se servir... ça me met vaguement mal à l'aise, comme si on touchait là la limite de la mise à disposition de mon corps à laquelle je veux bien consentir. M'inquiètent aussi les récits de sevrage complets ou partiels de grands bébés : dans certains cas, c'est très compliqué et douloureux des deux côtés... Peut-être pas davantage que pour un nourrisson, remarquez, mais le bambin a sans aucun doute plus de moyens pour manifester son désaccord (cela dit, pour certains cela se passe avec beaucoup de douceur : j'ai lu récemment un témoignage qui m'a touchée... et donné envie !).
3. En prime, nous souhaitons des enfants plutôt rapprochés. Or, même si ce n'est pas une règle universelle, l'allaitement prolongé peut retarder le retour de couches.
Ainsi, j'aime allaiter mais je n'envisage pas d'allaiter jusqu'au fameux sevrage naturel. Ça ne me dit pas pour autant quand et comment arrêter...
À l'origine, je visais les six mois de l'hippocampe : je pensais arrêter de tirer mon lait à ce moment-là, puis advienne que pourra.
Sauf que je tire encore mon lait. Aussi contraignant que cela soit, je n'arrive pas à me résoudre à cesser de fournir un minimum de lait à mon hippocampe, et encore moins à mettre en péril ma lactation.
Le problème, c'est que ma principale motivation pour arrêter est lointaine, si lointaine qu'elle ne me semble pas une raison suffisante pour m'arrêter maintenant.
D'ailleurs, quand ma mère m'a dit, sur un ton d'évidence : "Tu avais parlé de six mois donc c'est bientôt fini", j'ai ressenti au plus profond de moi que non, ce n'était pas si simple, ni si évident.
Mais existe-t-il vraiment un point d'équilibre entre trop tôt et trop tard ? À trop attendre, est-ce que je ne risque pas de basculer de "Je n'ai pas envie car tout se passe bien" à "Je veux arrêter car c'est devenu insupportable" ? J'ai peur aussi que cela soit plus difficile à vivre pour l'hippocampe. L'idéal serait sans doute que le sevrage vienne de lui, avec un désintérêt pour le sein, une préférence pour le biberon... Cela dit, je sais d'avance que, si cela arrive, cela ne se fera pas sans me serrer le cœur.
À force de réflexion, j'en suis venue pour le moment à l'idée de continuer les tirages quotidiens et l'allaitement à la demande jusqu'à l'anniversaire de l'hippocampe. Ensuite, j'arrêterai de tirer mon lait et j'envisagerai un sevrage en douceur, sachant que ses besoins en lait seront alors moins importants. Enfin, ça, c'est sur le papier... Peut-être en reparlerai-je d'ici-là !
Et Glenn dans tout ça ? Je me rends compte que j'ai peu parlé de lui dans cette série. La raison est simple : pour lui, l'allaitement est avant tout un choix qui m'appartient. Il me suit et me soutient, et je vérifie régulièrement que la situation lui convient - même si, pour être franche, je ne sais pas trop ce que je ferais s'il m'indiquait tout à coup en avoir assez ! Je crois qu'il est conscient des réels avantages de l'allaitement, notamment la nuit, quand il n'a rien à faire... Et même le jour, quand il n'y a pas de biberon à préparer. Néanmoins, d'autres aspects le gênent un peu plus, comme la difficulté d'allaiter sans tout déballer en public !
Bref, c'est donc pour le moment ce qui nous convient à tous les trois... et pour la suite, on verra !

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