Schrödinger, mon ami

Une des choses que j'ai détestées pendant les longs mois qui ont précédé l'hippocampe, c'est le psychotage qui est allé de paire avec des cycles erratiques. Ces jours où j'y croyais presque, où je m'imaginais des symptômes. Où je me projetais bêtement du côté des "Et si". Ces tests de grossesse que je finissais parfois par faire et qui n'affichaient jamais le résultat rêvé. La sentence des règles qui arrivaient enfin, pour tout recommencer.
J'espérais ne pas revivre ça cette fois-ci. Sauf que. Sauf que qui dit absence de contraception sans retour de couches dit incertitude totale. Je navigue à vue. Forcément, le psychotage s'en donne à cœur joie : et si ?
Et là, on ne peut pas compter sur les règles pour me remettre les pieds sur terre. La seule façon d'arrêter la machine qui s'emballe serait de faire un test, mais j'ai peur que ça ne finisse par devenir coûteux !
Alors tel le chat vivant et mort dans la boîte, je suis et je ne suis pas enceinte, au gré de mes humeurs, de mes espoirs, des pâles symptômes que j'ajoute à ma liste mentale, en attendant que le doute trop fort me fasse céder.

J'ai déjà un test négatif à mon actif. Peu après l'anniversaire de l'hippocampe, un mois après l'arrêt de la contraception, j'étais très nauséeuse - finalement sans doute un virus quelconque. Le soulagement l'a disputé à la déception, tant j'ai été angoissée pendant ces quelques jours d'incertitude. Je n'étais pas aussi prête que je le croyais. J'avais peur de faire de l'hippocampe un grand frère, lui qui était encore si petit, lui qui avait encore tant besoin de moi.

Aujourd'hui, c'est différent. Je crois que je suis plus sereine. Je crois que la déception serait plus forte. Et je n'ai pas envie de faire de test.

Parce que c'est doux, un peu, de s'imaginer enceinte sans subir encore trop de désagréments.

Parce que si je le suis vraiment, attendre encore raccourcit psychologiquement le premier trimestre, celui que j'ai le moins aimé, celui où on a peur, celui durant lequel j'ai tellement vomi.

Parce que si je ne le suis pas, ce sera encore une grosse claque que je ne suis pas prête à prendre. Et au-delà de ça, la honte d'y avoir cru, d'avoir imaginé, de m'être encore trompée sur mon propre compte.

Alors je ne fais pas de test. Pas encore. Mais, chaque matin, j'y pense.

Edit : depuis, j'ai craqué - j'avais trop de choses à penser, il fallait que je sois fixée au moins sur ce point.
Bilan : le psychotage a encore de beaux jours devant lui...

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