Un mois avec lui

Mardi prochain, je reprendrai le chemin du travail après quatre semaines passées auprès de mon hippocampe, une chance dont j'ai savouré chaque instant.
Plus de marathon : au contraire, enfin la possibilité de m'adapter à mon enfant, de partager du temps précieux avec lui, et de le regarder grandir.
Et c'est fou comme il a grandi, en un mois, justement.


J'avais peut-être un peu peur des longues journées en tête-à-tête (Glenn ne pouvait prendre que deux semaines, qu'on a décidé de situer au milieu), et il est vrai que le début a été plutôt fatigant alors que la sieste ne semblait plus être qu'un lointain souvenir. Mais on a trouvé notre rythme. On a compris, notamment, qu'on le couchait toujours trop tard l'après-midi et qu'on ratait donc son créneau de sommeil idéal. Le rituel a changé, à la faveur de l'installation d'un lit de grand.

On ne partait pas, faute de budget, mais on a fait beaucoup de sorties, beaucoup de promenades.
On a profité, enfin, de notre jolie maison (les vacances de l'année dernière, pourries par les travaux, s'effacent peu à peu...).
On a vu la famille, mais aussi passé des moments de qualité à trois.
On a fait de nouvelles expériences.
On a cuisiné.
On a chanté des comptines.
On a lu des livres, beaucoup, beaucoup de livres. Mon hippocampe est accro à la lecture, pour mon plus grand plaisir (enfin, un peu moins quand je relis le même livre 12 fois...).
On est retournés à la piscine, pour la première fois depuis l'été dernier. L'hippocampe est comme un poisson dans l'eau (il mérite bien son surnom). Il apprécie tellement l'expérience qu'il m'en reparle en rampant sur le parquet : "Dans l'eau ! A nage ! Plouf !" Cette fois, je me promets de renouveler nos visites en dehors de l'été. Une fois par mois serait bien.

Qu'il était doux, finalement, ce quotidien avec mon petit bonhomme de bientôt 20 mois. Moi qui me sentais parfois un peu mal à l'aise dans mon rôle de maman de nourrisson, je me sens beaucoup plus sereine aujourd'hui (mais peut-être ai-je aussi un peu grandi). J'aime cet âge, à la frontière entre le bébé et l'enfant. Le langage explose, l'humour et les habiletés se renforcent, la tendresse ne se dément pas.

Bien sûr, il y a aussi des petits heurts, des crises à gérer : "Tout seul !". Des couchers qui s'éternisent, aussi...
Mais pour le moment (et je touche du bois) cela se fait dans la plupart des cas avec douceur et ça ne dure jamais trop longtemps. Glenn et moi sommes sur la même longueur d'ondes même s'il craint souvent de manquer de patience. Et puis nous usons dès que possible de nos armes favorites : l'humour et la diversion.

C'était doux mais c'est déjà presque fini. J'appréhende la reprise à bien des niveaux. J'ai peur que cela soit difficile pour l'hippocampe, qui a déjà eu un peu de mal à digérer le retour au travail de son papa (la veille au soir a connu le pire coucher depuis bien longtemps), et qui verra tout à coup beaucoup moins sa maman. J'ai peur de retrouver un rythme harassant dont je sens de plus en plus que je ne veux plus – mais si je poursuis le projet de reconversion il faudra bien accepter d'en faire encore plus, en ajoutant des révisions de concours à un quotidien déjà trop rempli...

Alors je fais encore le plein d'amour, le plein de moments précieux. Et j'espère qu'il en fait autant, et que toute cette tendresse l'aidera même quand je passerai l'essentiel de mes journées loin de lui.

Quand je pense que mon hippocampe n'ira plus chez sa nounou que pour un an, mon cœur se serre... Mais que je suis contente pourtant de le voir grandir, mon fils. Et que j'ai de la chance de l'accompagner sur ce chemin...

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