Remous

Je me rêvais maman plus sereine pour cette seconde maternité.

Pour le moment, les évènements ne m'ont pas donné tort : m'occuper de l'axolotl ne génère pas des angoisses démesurées comme celles que j'ai pu connaître avec l'hippocampe. J'ai retrouvé sans difficulté les gestes que demande un nouveau-né. Bien sûr, je me pose toujours des questions, mais j'ai en moi des ressources plus solides. Et l'axolotl semble se porter bien : elle est très bruyante quand elle dort, elle donne l'impression de beaucoup râler, mais elle ne pleure pas tant que ça (et heureusement car elle maîtrise un cri suraigu de banshee, à vous briser les vitres !). Son allaitement a démarré très facilement, aidé sans doute par l'entretien de l'hippocampe. Bref, de ce côté-là, a priori, tout va bien...

J'avais juste oublié un détail : être maman d'un deuxième enfant, c'est aussi être maman de deux enfants.
Et c'est là que le bât blesse.
J'ai compté sur la capacité d'adaptation de l'hippocampe. Je me suis imaginé qu'il grandirait d'un coup. Je me suis voilé la face...
Face à la tempête émotionnelle que la naissance de sa sœur représente pour lui, je me sens bien démunie.
J'essaie d'accompagner, d'accueillir. J'entends ses "Moi je ne voulais pas de petite sœur" en m'efforçant de ne pas montrer à quel point cela me brise le cœur. Je lui répète que c'est difficile. Je lui parle de ma propre réaction à la naissance de ma sœur (même si je n'en ai en vérité aucun souvenir).
Je l'invite à participer aux soins de l'axolotl et j'essaie de la protéger de ses pulsions agressives : tu as le droit d'être en colère, mais on ne peut pas te laisser lui faire du mal.
J'espère que ça passera bientôt. C'est épuisant, bien plus que de s'occuper d'un nouveau-né. J'ai l'impression de payer toutes mes faiblesses et mes approximations passées.
Et je pleure encore, beaucoup.

Maman plus sereine... On n'y est peut-être pas encore.

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