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Le temps file

Je pose l'hippocampe sur le tapis et, soudain, il tend les bras pour attraper sans effort les jouets qui pendent au-dessus de sa tête - ces jouets qui pendant si longtemps ont paru hors de portée. Il grandit. Il grandit et j'ai du mal à le voir, moi qui pourtant le dévore des yeux chaque jour. On croirait que la nouvelle version de lui-même ne cesse d'effacer l'ancienne dans mon esprit.

L'épineuse question du sommeil

Avant même d'être enceinte, je le savais : le manque de sommeil serait notre point faible, à Glenn et moi. De base, nous étions de bons dormeurs : le genre à devoir se coucher à 23h grand max pour se lever sans trop de difficulté à 7h. Sans nos huit heures de sommeil, point de salut ! Et même ainsi, Glenn avait tendance à se dire toujours fatigué... Les nuits sans sommeil promettaient donc d'être une sacrée épreuve ! J'aimerais bien poursuivre cet article en vous disant que, par chance, la nature faisant bien les choses, nous avions hérité avec l'hippocampe d'un modèle bon dormeur, et qu'il faisait ses nuits depuis toujours ou presque. Bon, sauf que je vous ai déjà parlé de mes nuits blanches à la maternité , donc mon discours perdrait tout de suite en crédibilité...

Les mauvaises habitudes

Dès la naissance de l'hippocampe, alors que pointait le spectre du baby-blues, j'ai été envahie par une conviction aussi absurde, sans doute, qu'anxiogène et culpabilisatrice : celle que mon bébé était venu à moi dans un état de perfection que je ne saurais jamais qu'altérer. Pour peu que je lui propose le sein trop souvent, ou que je n'arrive pas à décoder ses signaux de fatigue, j'allais le dérégler irrémédiablement. Pire, j'allais lui donner de mauvaises habitudes . C'est une expression que l'on entend souvent, lorsque l'on est parent. D'ailleurs, cette crainte ne m'a jamais tout à fait quittée, même une fois que j'ai commencé à aller mieux. Il faut dire que la société, relayée bien souvent par l'entourage plus ou moins proche, n'aide pas à rester serein avec des choix parfois à contre-courant de ce qui reste une vision majoritaire de l'éducation. Pour le nourrisson, cela consiste à l'encourager à l'ind...

Premiers anniversaires

Aujourd'hui, cela fait un an tout pile qu'un petit bâtonnet de plastique m'a appris l'existence, quelque part tout au creux de moi, de celui qu'on allait appeler l'hippocampe.

Le temps de la séparation

Cette semaine, j'ai retrouvé le chemin du travail. J'ai retrouvé mon train du matin et du soir, mes stations de métro. J'ai retrouvé ma bibliothèque, mes collègues, les lecteurs et les livres, le bip de la douchette qui scanne les codes-barres, les gestes répétitifs et les projets en cours, les discussions dans la cuisine. J'ai retrouvé mes marques à une vitesse que je n'imaginais pas, comme si je n'avais fait que partir en vacances, comme si rien n'avait vraiment changé en cinq mois. Comme si j'avais remonté le temps, aussi.

Petit à petit...

On dit aux jeunes parents de profiter, que le temps passe vite. La vérité, c'est que l'écoulement du temps se ressent comme bien souvent à deux niveaux très différents : on peut trouver si longue la journée en tête-à-tête avec son nourrisson... Si longues et si nombreuses les semaines passées sans une seule nuit complète de sommeil... Si longue l'attente du jour où - le jour où il saura attraper, le jour où il rira pour de vrai, le jour où il marchera, le jour où il parlera... Et puis un jour, on regarde les photos de la naissance, ou bien on croise un tout petit bébé, et ce que les autres ne cessent de nous répéter nous revient en pleine face : comme il a grandi ! Et comme, finalement, c'est passé vite...

Être maman d'un nourrisson

C'est voir ses nuits entrecoupées, hachurées, voire hachées menues. C'est se réveiller au moindre petit bruit, tâtonner pour allumer la veilleuse, pendant que l'autre occupant du lit parental continue de ronfler.